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LES FORCES DU PROJET

Respect du contexte environnant.

Symbiose entre ’architec- ture traditionnelle montréalaise et ’architec- ture contemporaine. Expérience de vie en appartement reposante et rassurante grâce à une vision traversante des espaces et à un parcours sans obstacles.Ventilation naturelle et lumière du jour traver- santes.Lien physique et visuel entre les espaces jours et nuits, et entre l’intérieur et l’extérieur.Matériaux de construction et finitions durables.

Le foyer retrouve une position centrale et primordiale dans le logement : source de chaleur, de lumière, il est un élément de lien entre les espaces et les personnes.

 

 

 

 

CONDOMINIUMS HENRI-JULIEN

2004-2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les condominiums Henri-Julien est un projet résidentiel qui comprend la construction de six appartements aux 4861 @ 4865 Henri-Julien, sur le Plateau à Montréal. Le programme imposait de faire des habitations assez urbaines, au croisement des typologies de loft mixé avec celles des condominiums aux chambres fermées, le tout dans un budget et un temps limité.

La première intention de l’architecte, a été d’intégrer le mieux possible le nouvel édifice dans son environnement urbain. On a notamment choisit de favoriser un alignement des fenêtres et planchers toitures sur le bâtiment sud mitoyen, et de respecter les gabarits voisins. L’architecte a ensuite décidé de travailler le projet en divisant le terrain en deux, ce qui a permis de répéter les 22 pieds de façade typiquement montréalais et donné lieu à un bâtiment d’expression verticale et non horizontale. Enfin, le traitement en façade a privilégié des couleurs et des textures de brique qui évoquent celles des constructions des alentours. 

La deuxième intention de l’architecte a été de tenter de redéfinir le style montréalais, en lui donnant une signature un peu plus contemporaine, évitant ainsi de répéter une maçonnerie en bandeau souvent banalisée. On a par exemple opté pour une fenestration carrée, qui évoque un peu la fenestration à double guillotine, mais qui par sa forme géométrique pure amène un aspect contemporain à l’ensemble du bâtiment.
Grâce à tous ces choix très réfléchis, le projet réussit à s’intégrer dans une petite rue du plateau, sans en briser l’harmonie et en y apportant une nouvelle perception de l’habitat résidentiel.

La troisième intention de l’architecte a été de soigner l’accès aux logements en l’humanisant, en l’individualisant et en le rendant plus accueillant.
Par exemple, plutôt que d’avoir des voitures ou des portes de garage devant l’ensemble des logements, on a voulu dissimuler les garages en demi-sous-sol et  mettre en valeur l’escalier extérieur et les portes d’entrée de chaque appartement. L’escalier a donc été volontairement suspendu à un écran central, ce qui évite d’avoir deux colonnettes sur rue (trop agressif), et souligne l’arrondit généreux de cet élément architectural rendu sculptural.
Ensuite, le piéton ou l’habitant est accueillis devant chaque porte d’entrée par un espace de type « loggia » (léger retrait des portes en façade) qui met en valeur l’individualisme de chaque logement. Cet individualisme a été poussé jusque dans la conception des espaces intérieurs puisque chaque condominium présente un plan et des espaces différents…

D’un point de vue de l’habitant, l’expérience de vie à l’intérieur des unités prend une toute nouvelle dimension grâce aux choix de l’architecte. La plupart des habitants ont déclaré avoir été « agréablement surpris par le degré de confort de ces espaces et par leur qualité de finition ».
Ce qui nous mène à la quatrième intention de l’architecte : pousser au maximum l’idée d’espace, de fluidité et de simplicité à l’intérieur du logement jusque sur le balcon arrière.
Par exemple, pour donner cette vision et cette orientation immédiate dans chaque logement, l’architecte est allé créer une circulation traversante et centrale, un espace rectiligne et lumineux menant des aires de jour vers les aires de nuit. Cet axe central, présente des ouvertures des deux côtés, ce qui favorise la ventilation et l’éclairage naturel traversant (sain, reposant, écologique) tout en distribuant toutes les fonctions de l’appartement. Il devient en quelque sorte un lien physique et visuel très fort entre les espaces jours et nuits, et entre l’intérieur et l’extérieur.
A l’avant, le coin jour est entièrement ouvert, mais les espaces cuisine, séjour et salle à manger sont parfaitement bien définis et organisés autour du foyer qui agit à la fois comme séparateur et rassembleur. L’architecte a mis l’accent sur cette cheminée comme élément architectural qui renforce l’idée d’habiter un « foyer », d’évoluer autour d’un point central à la fois source de chaleur, de lumière et de plaisir. Le foyer, volontairement décollé du mur, est ici un élément clé directement rattaché à l’axe central de circulation.
La cuisine, quand à elle, est nichée dans une alcôve, ce qui lui confère plus d’intimité et de retrait par rapport aux fonctions du coin jour, tout en la maintenant en liaison avec le reste des espaces de vie.
À l’arrière, on retrouve deux chambres fermées, une salle de bain très spacieuse, et au centre, l’axe de circulation qui débouche sur un immense balcon, une sorte de jardin dans les airs.

La dernière intention de l’architecte a été de porter une attention particulière au développement durable, en favorisant l’éclairage et la ventilation naturelle, en choisissant des matériaux simples et durables, en chauffant au gaz, en poussant à l’utilisation du vélo, en concevant des toitures vertes...
Par exemple, au 3e étage, la mezzanine exploite des vues imprenables sur le centre-ville et sur le Mont Royal (ouvertures des deux côtés), mais elle permet aussi d’inonder tout l’appartement de lumière et d’offrir un accès à la future toiture verte placée en avant. 
Par ailleurs, grâce à la 3D comme outil de conception, l’architecte a pu effectuer des études d’ensoleillement pour maximiser les zones d’éclairage naturel propre à chaque espace et à chaque condominium. Une grande attention a également été portée à l’insonorisation de chacune des unités de logement. Par exemple, l’existence d’un vestiaire dans chaque entrée, permet de créer une zone tampon qui amortit les sons des escaliers (notamment entre le 2ème et le 3e étage) et contribue encore une fois à humaniser et à individualiser chaque logement.
Enfin, grâce à un garage très « généreux », on a pu prévoir un local pour stationner les bicyclettes, ainsi qu’un espace de rangement et de stockage. Ceci évite aux habitants d’avoir le tout traînant sur les balcons… et comme les garages sont très faciles d’accès, cela encourage l’utilisation du vélo !

Grâce à tous ces détails apportés lors de la conception, de l’exécution, grâce aux choix délibérés effectués par l’architecte, le projet des Condominiums Henri-Julien a su respecter un contexte urbain très défini, tout en offrant des innovations et une qualité architecturale à ses habitants.

Texte : Emmanuelle Vieira